Virus Cannibale

Si l’histoire du cinéma, telle qu’elle est décrite dans les livres, pouvait se matérialiser en une équation chimique, sans nul doute que celle-ci serait fausse. Il est donc des réalisateurs dont le talent permet un rééquilibrage nécessaire et salvateur face aux nombreux génies de la caméra. Bruno Mattei fait sans conteste partie de cette première catégorie et son film, Virus Cannibale, peut aisément être considéré comme le yang des chefs d’œuvres du film d’horreur.
Se considérant au départ comme un faiseur sans âme, Bruno Mattei a vite compris qu’il ne se positionnerait pas du coté de la balance où les styles font écoles et où les films sont décryptés dans les écoles de cinéma.
C’est ainsi de la manière la plus décomplexé possible qu’il aborda le genre « film de zombie », alors en plein essor avec la trilogie de George Romero et le succès inattendu de Cannibal Holocaust. En photocopiant allègrement tous les codes des films susnommés et en écartant tout élément pouvant inciter à la réflexion, Mattei réussi l’exploit de vider de toute substance les images habituellement fortes dans ce genre de sujet. Tout dans ce métrage relève de la transgression à la bonne conduite d’un film : construction empirique du scénario, mépris de la grammaire cinématographique et inexistence totale d’un soucis de crédibilité…
A la manière d’un magicien qui exécuterait les tours les plus connus tout en en montrant délibérément les trucs, Mattei s’est forgé une carrière d’une cinquantaine de film dont Virus Cannibale serait en quelque sorte l’apogée par le bas. Mort en mai 2007, Bruno Mattei a pu rejoindre Ed Wood sur le podium des plus mauvais réalisateurs de l’histoire, podium pas si loin de leurs confrères, les génies du 7èmes art.

Emile
Virus Cannibale (1982)
de Vincent Dawn alias Bruno Mattei.
écrit le 25 octobre 2007