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Down In The Valley

 

 

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           Ici, à desert-cult, on préfère, en général, les films shootés à la testostérone, bourrés d’adrénaline, ou bourrés tout court. Bref, pas des films de lopettes comme dirait notre ami Vin Diesel. Et pourtant, il nous faut bien avouer que certains métrages, formellement très éloignés de nos habitudes, arrivent à percer nos cœurs endurcis par trop d’années de Schwarzi, Stallone, et Willis.

Ainsi, toute une frange du cinéma indépendant américains, menée par Wim Wenders et plus récemment Jim Jarmush, capte avec une émotion à fleur de peau le spleen ambiant, le doute existentiel et la douce folie de notre temps. Les réussites dans le genre sont nombreuses. Parmi les plus (re)connues, Lost in Translation trouve une place méritée. D’autres, comme Mean Creek se font une petite carrière honorable en dvd. Wim Wenders a montré avec son Don’t come Knocking qu’il restait le maître dans ce domaine. Evidemment, le genre ne voit pas fleurir que des petites perles et ce Down in The Valley vient magnifiquement le prouver.

 

           Les similitudes entre le film de Wenders et celui de David Jacobson sont fortes et prouvent qu’il suffit d’un rien pour passer la frontière du grand foutage de gueule probablement involontaire. Les deux métrages partagent donc un amour certain pour ces paysages westerniens. Ces régions qui creusent les visages des cow-boys, qui donnent envie d’enfourcher sur le champ udown_in_the_valleyn canasson et de se rouler une tite gitane maïs en contemplant tranquilement le monde.

 

            Harlan est un jeune homme légèrement paumé qui aime se prendre pour un de ces cow-boys solitaires. Il se fait rapidement accrocher par la toute jeune Tobe. Le flirt commence à se transformer en petite histoire d’amour déplaisant fortement au père de l’adolescente. La longue descente aux enfers pour ce jeune couple est ainsi amorcée.

 

            Il faut reconnaître, tout d’abord une première partie de métrage particulièrement réussie. Le casting brille par l’interprétation. Outre Edward Norton et David Morse excellents, Evan Rachel Wood (Thirteen) et Rory Culkin (Mean Creek tout de même !) apportent une profondeur et une délicatesse bienvenue tout en symbolisant les deux âges de l’adolescence. La relation entre Tobe et Harlan sent bon l’insouciance et la liberté. Bref, l’ambiance est là et l’on est prêt à attendre le moment fatidique où tout va basculer…

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          Sauf que ce moment n’arrive jamais. Une fois que le spectateur a saisi les différentes trames du récit (la relation conflictuelle de Harlan avec le père et le frère de Tobe principalement) plus rien ne se passe et l’ennui guette rapidement. On assiste alors à la lente aliénation de Harlan, le tout, orchestré dans une confusion totale des points de vue.

           La deuxième partie du métrage oublie donc le détachement des premières minutes pour suivre le chemin habituel de la descente aux enfers de son personnage. Drogues, alcool, armes à feu et folie sont de la partie et jugés de temps à autre avec complaisance ou avec sévérité. Les dialogues sur le sens de la vie, au mieux, prêtent à sourire, au pire, exaspèrent de stupidité. Lorsque enfin arrive le moment tant attendu où le héros franchi le point de non retour (au bout d’1h45 tout de même) toute la finesse du propos de départ est oubliée. Harlan arrive à convaincre en 30 secondes un enfant que son père est un assassin, à échapper à la police sur son cheval blanc pour enfin arriver à une fusillade dont l’issue n’est plus un secret pour le spectateur depuis une bonne heure. La scène finale, enfin, démontre toute l'incohérence du film grâce à une sorte de pardon rédempteur assez improbable.

 

            Bien sûr, on pourra toujours dire qu’après tout ce n’est pas notre genre de film, que nous n’en comprendrons jamais la finalité, mais les faits sont là. L’ennui se transforme en agacement devant tant de gâchis.

            Les bonnes idées des premières minutes, ainsi que certaines scènes doucement décalées (l’intrusion dans un tournage de western est savoureuse) aident donc le spectateur à se traîner jusqu'à la fin...

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Down In The Valley

De David Jacobson

Ecrit par David Jacobson

Musique: Peter Salett

Image: Enrique Chediak

Avec: Edward Norton, Evan Rachel Wood, Rory Culkin, David Morse

 

Emile

écrit le 14 décembre 2006

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