
Infernal Affairs II
Comment, lorsque le premier opus se termine par la mort d’un de ses personnages principal, faire une suite digne de ce nom à Infernal Affairs ? La réponse est simple : en revenant dans le passé. Suite à l’assassinat de Kwun, l’un des parrains de la mafia, la police doit gérer le bain de sang due à la succession du pouvoir. Sam, le seul à être resté fidèle au défunt, se retrouve sous les ordres de Hau, le fils de Kwun. Afin de se surveiller mutuellement, Sam envoie Ming infiltrer la police tendit que la police utilise Yan au sein de la triade. Si vous n’avez rien compris, c’est normal, relisez deux fois le résumé, ça ira mieux…
Projet réalisé sans grandes motivations par les scénaristes Felix Chong et Alan Mak, Infernal Affairs 2 sentait bon le prétexte pour se faire plus de pognon. Tremplin pour deux jeunes acteurs, absence des deux charismatiques stars du premier opus et personnages dont on connaît déjà l’issue… Il n’y a pas à dire cette suite avait tout pour être mauvaise. Et pourtant...
L’idée casse-gueule d’une préquelle est tout d’abord utilisée de manière maligne pour étoffer la saga. Les scénaristes profitent donc de ce retour en arrière et des situations pour le moins tordues, pour explorer la facette psychologique de leurs personnages. Les motivations des deux taupes ne sont pourtant pas seules au centre de l’histoire. L’implication de leur mentor (Sam et Wong) et les dilemmes qui s’ensuivent viennent enrichir un scénario finalement assez classique. L’atout majeur de cette suite est donc l’attente du point de rupture, contante de la saga que les scénaristes et réalisateurs gèrent avec exellence. Chacun se prend alors en pleine face la réalité des situations, tortueuses à souhait. Du coup les scènes fortes sont légions, elles sont amplifiées par une mise en scène sèche et froide qui fait de cette suite une petite perle à la hauteur du premier film.

Infernal Affairs II
De Andrew Lau, Alan Mak (2003)
Scénario de Felix Chong et Alan Mak
Photo: Wai Keung Lau et Man-Ching Ng
Musique: Kwong Wing Chan