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Les livres

Demande à la poussière

 

 

demande à la poussière

 

             Il y a des livres comme ça, qui sont un peu hors du temps, des OVNIS...

 

Demande à la poussière de John Fante est l'un de ces livres. C'est l'histoire d'un pauvre type, écrivain à la manque dans le Los Angeles des années 40. Une histoire d'amour impossible, des heures à traîner dans les rues, un tremblement de terre, de la drogue, une fille au corps ravagée, etc, ...

 

             Tous ces éléments compose un livre écrit comme une tranche de vie. L'écriture est simple et directe, et le pourtant le style est magnifique. Je ne peux pas m'empêcher de vous sortir un passage du livre :

"je les vois tituber à la sortie de leurs palais du cinéma, même qu'ensuite ils clignent leurs yeux vides pour affronter de nouveau la réalité; ils rentrent chez eux encore tout hébétés et ils lisent le Times pour voir ce qui se passe dans le monde. J'ai vomi à lire leurs journaux, j'ai lu leur littérature, observé leurs coutumes, mangé leur nourriture, désiré leurs femmes, visité leurs musées. Mais je suis pauvre et mon nom se termine par une voyelle, alors ils me haïssent moi et mon père et le père de mon père, et ils n'aimeraient rien tant que de me faire la peau et m'humilier encore, mais à présent ils sont vieux, en train de crever au soleil au milieu de la rue, en pleine chaleur, en pleine poussière, tandis que moi je suis jeune, plein d'espoir et d'amour pour mon pays et mon époque; alors quand je te traite de métèque ce n'est pas mon coeur qui parle mais cette vieille blessure qui m'élance encore, et j'ai honte de cette chose terrible que je t'ai faite, tu peux pas savoir."

 

              Je sais pas vous, mais moi ce genre de tirade me retourne, et le livre en est rempli. A vrai dire, pour moi qui suis plutôt un habitué de la S.F. et des bon vieux romans policiers, je me suis attelé à la lecture du bouquin, en étant presque sûr d'arrêter au bout de 50 pages. Je m'étais lourdement trompé et il va falloir que je lise les autres bouquins de l'auteur. En attendant, je ne saurais critiquer objectivement ce livre car je ne vois pas à quoi le comparer. Ah oui, coup de chapeau au traducteur, qui a dû passer de longues heures à traduire les métaphores inédites de l'auteur.

 

               Si vous avez quelques heures à passer dans un livre (270 pages dans mon édition), je vous le conseille, c'est franchement dépaysant, c'est triste, c'est drôle, ça vous rempli d'images de films des années 40, ça vous prouve que tous les américains ne sont pas des fans de happy end, et comme le montre l'extrait précédent, certaines morales ne tomberont jamais dans la désuétude, alors quand elles sont dites avec style... Je me demande bien pourquoi vous n'êtes pas encore chez le libraire !

 

Demande à la poussière

John Fante

Roman poche

270 pages

Editeur 10-18

 

Yvon

 

écrit le 20 janvier 2007

 

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