Black Christmas

En ces temps où l’horreur redevient pour un instant rentable, il aurait été étrange que Dimension films ne vienne pas en faire son beurre en nous ressortant un bon vieux slasher de derrière les fagots. Il faut dire que depuis la vague post-scream le genre avait été quelque peu délaissé par les studios et quelque part, on les comprend ! Surfant sur le succès des remakes « Michael Bay product » Dimension a compris que cette fois-ci, le sang devrait couler à flot et la barbaque s’étaler à l’écran, si possible de la manière la plus sordide possible. Sage note d’intention n’est-ce pas?

Le soir de noël, Billy, psychopathe de son état, se fait la malle probablement parce que la dinde est meilleure chez lui qu’à la section « gros tarés » de la prison. Evidement, son home sweet home est occupé par, quelle coïncidence, une communauté de jeune étudiantes n’ayant pas la possibilité de passer le réveillon en famille. Ce qui pourrait aisément être considéré comme une sacrée déveine pour les miss devient une jouissive aubaine pour notre Billy et une belle leçon de fainéantise de la part des scénaristes.
Si le nom de Glenn Morgan vous dit quelque chose, ça n’est pas pour rien car il est à l’origine, avec son compère James Wong de la très jouissive série des destination finale et accessoirement réalisateur du tranquilou Willard. En s’attaquant au remake de ce qui est considéré comme le premier slasher (en 1974), Glenn Morgan n’apporte pas ce qui rendait son cinéma sympathique : un rythme effréné et une représentation de la mort proche du cartoon. Ici, chacune des filles attend patiemment de se faire trucider soit en prenant une douche, soit en matant des vidéos de ses propres ébats. Le tout est entrecoupé de flash-back narrant la vie de Billy, le psychopathe à la peau jaune (cherchez pas c’est comme ça). Et autant vous dire que les scénaristes n’y sont pas allés de main morte dans le sordide à tel point que ça en devint totalement insignifiant. Coté meurtre, si l’originalité n’est pas franchement au rendez-vous, les scènes gores abondent, notamment par moult enuculations du plus bel effet.
Bref vous l’avez compris, on n’évite pas les pires clichés du genre, on nous enrobe tout cela avec un oripeau gore souvent impromptus, mais le plus grand ratage reste la mise en place du mythe du boogeyman : oscillant entre figure psychopathe à la Hannibal Lecter et véritable monolithe invincible à la Vendredi 13 ou Halloween. Et si l’envie vous prenait, au cours du film, d’abréger vos souffrances tenez bon car le meilleur reste pour la dernière séquence citant (ou plagiant, la limite est ténue) allègrement le Halloween de Big John, jusque dans l’apparition de l’invincible Billy, combinaison et pose Myers’style à l’appui.

Black Christmas (2006)
De Glenn Morgan
Ecrit par : Glenn Morgan
Musique par Shirley Walker
Photographie : Robert McLachlan
Avec : Michelle Trachtenberg, Mary Elizabeth Winstead, Katie Cassidy, Oliver Hudson, Crystal Lowe
Emile
écrit le 10 mai 2007